Mon enfant refuse les devoirs : conseils de logopédistes

« Allez, on fait les devoirs ! »

« Noooon, j’ai pas envie ! »

Et voilà. Il est 17 h 30, les cahiers sont encore dans le sac et vous sentez déjà que la soirée va être longue.

Entre les négociations, les distractions, les soupirs et parfois les larmes, les devoirs peuvent rapidement devenir une source de conflit entre parents et enfants.

Mais un enfant qui refuse de faire ses devoirs n’est pas forcément un enfant paresseux ou de mauvaise volonté. Derrière ce refus peuvent se cacher de la fatigue, des difficultés scolaires, un manque de confiance ou simplement une organisation qui ne lui convient pas.

Alors, comment réagir sans passer chaque soir par la case conflit ? Comment aider son enfant à faire ses devoirs sans tout faire à sa place ?

Chez Méli-Mot, nous sommes logopédistes et orthophonistes diplômées. Nous accompagnons des enfants qui rencontrent notamment des difficultés dans leurs apprentissages. Voici nos conseils pour mieux comprendre le refus des devoirs et retrouver des moments de travail plus sereins à la maison.

Pourquoi mon enfant refuse-t-il de faire ses devoirs ?

Lorsqu’un enfant refuse de travailler, notre premier réflexe est souvent de chercher comment le motiver.

Pourtant, avant de chercher à le motiver, il est essentiel de comprendre pourquoi il refuse.

Plusieurs facteurs peuvent entrer en jeu, et il n’est pas rare qu’ils se cumulent.

1. Il est fatigué après sa journée d’école

Imaginez terminer une longue journée de travail et devoir immédiatement vous remettre à une tâche qui demande de la concentration.

Pas particulièrement réjouissant, n’est-ce pas ?

Pour un enfant, une journée d’école représente déjà beaucoup d’efforts : écouter, suivre des consignes, rester concentré, s’adapter aux autres et gérer ses émotions.

À son retour, il peut avoir besoin de bouger, de jouer ou simplement de ne plus répondre à des attentes pendant un moment.

Dans ce cas, le refus des devoirs n’est pas nécessairement lié à la difficulté des exercices. L’enfant n’est tout simplement plus très disponible pour travailler.

2. Les devoirs sont trop difficiles pour lui

C’est une situation que nous rencontrons régulièrement dans le domaine des apprentissages.

Un enfant qui éprouve des difficultés en lecture peut redouter le moment où il devra lire un texte à la maison.

Un autre, qui peine à mémoriser ses mots de vocabulaire, peut se décourager avant même d’avoir ouvert son cahier.

Lorsque chaque exercice demande beaucoup d’efforts, les devoirs deviennent progressivement associés à l’échec.

Refuser de commencer peut alors être une manière d’éviter une situation dans laquelle l’enfant se sent en difficulté.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’il présente un trouble des apprentissages, mais cette possibilité mérite d’être explorée lorsque les difficultés persistent.

3. Il manque de confiance en lui

Certains enfants anticipent immédiatement leurs erreurs.

« Je vais jamais y arriver. »

« C’est trop dur. »

« Je suis nul. »

Le problème n’est pas toujours la difficulté réelle du devoir, mais aussi la perception que l’enfant a de ses propres capacités.

S’il a accumulé des expériences négatives, il peut finir par penser qu’essayer ne sert à rien.

Dans ce cas, lui répéter « Mais si, tu sais le faire ! » ne suffit pas toujours.

Il a surtout besoin de retrouver des expériences concrètes de réussite, même petites.

4. Le moment des devoirs est devenu synonyme de conflit

Parfois, le refus s’installe progressivement.

Chaque soir, le même scénario se répète : le parent rappelle les devoirs, l’enfant repousse le moment, le ton monte et chacun finit par s’énerver.

Au bout d’un certain temps, les devoirs deviennent désagréables avant même d’avoir commencé.

Il faut également garder en tête que les enfants ne se comportent pas toujours de la même manière avec leurs parents qu’avec d’autres adultes.

À la maison, votre enfant sait qu’il peut exprimer sa fatigue, sa frustration et ses émotions plus librement. C’est généralement le signe qu’il se sent suffisamment en sécurité avec vous pour se laisser aller.

C’est une bonne chose, mais cela peut aussi rendre le moment des devoirs particulièrement compliqué.

Un enfant qui s’oppose systématiquement avec ses parents peut parfois se montrer beaucoup plus coopératif avec une autre personne.

Cela ne signifie pas que vous vous y prenez mal. C’est simplement une dynamique relationnelle différente.

Et rassurez-vous : vous êtes loin d’être les seuls parents à rencontrer ce problème !

À quel âge un enfant doit-il être autonome pour ses devoirs ?

L’autonomie ne s’acquiert pas du jour au lendemain.

Elle dépend de l’âge, des habitudes, des compétences d’organisation et des difficultés éventuelles de l’enfant.

Voici quelques repères généraux :

ÂgeAutonomie pendant les devoirs
6–7 ans (CP / 3P)L’enfant a souvent besoin d’un adulte pour préparer son matériel, comprendre la tâche et démarrer.
7–9 ans (CE1–CE2 / 4P–5P)Il peut progressivement commencer certaines tâches seul, suivre une petite routine et demander de l’aide lorsque c’est nécessaire.
9–11 ans (CM1–CM2 / 6P–7P)L’organisation devient généralement plus autonome, mais la planification, la gestion du temps et la persévérance restent en développement.

Ces âges sont indicatifs. Les attentes scolaires varient selon les pays et les établissements, tout comme les besoins des enfants.

Être autonome ne signifie pas ne jamais avoir besoin d’aide.

Un enfant peut très bien savoir réaliser un exercice tout en ayant encore besoin d’un coup de pouce pour se mettre au travail ou organiser ses affaires.

L’objectif est de lui apprendre progressivement à prendre en charge son travail, sans lui demander d’être indépendant avant d’en avoir les capacités.

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Il n’existe pas de routine magique qui fonctionne pour toutes les familles. En revanche, quelques ajustements peuvent rendre le moment des devoirs plus prévisible et moins stressant.

1. Prévoir un vrai moment de transition après l’école

Rentrer de l’école et s’installer immédiatement devant un cahier n’est pas forcément la meilleure solution.

Certains enfants ont besoin d’un goûter, d’un moment dehors ou d’une activité libre avant de retrouver leur concentration.

D’autres préfèrent terminer rapidement leurs devoirs pour profiter ensuite de leur soirée.

Observez ce qui convient à votre enfant et essayez de conserver une organisation relativement stable.

Notre conseil : plutôt que d’imposer une heure arbitraire, trouvez un moment où votre enfant est généralement disponible et où vous pouvez l’accompagner calmement si nécessaire.

2. Installer une routine simple et prévisible

Les rappels permanents peuvent vite devenir épuisants.

« Tu as fait tes devoirs ? »

« Maintenant, tu t’y mets ! »

« Ça fait trois fois que je te le demande ! »

Une routine claire évite de devoir renégocier chaque jour le moment de commencer.

Par exemple :

  • Retour de l’école et goûter.
  • Temps de pause ou de jeu.
  • Installation pour les devoirs.
  • Rangement du matériel.
  • Activité libre.

L’organisation doit rester suffisamment souple pour s’adapter à la fatigue et aux imprévus.

L’objectif n’est pas de transformer la maison en caserne, mais de rendre le déroulement de la fin de journée plus prévisible.

3. Commencer par une petite étape

Certains enfants se découragent simplement en voyant la quantité de travail à réaliser.

Une fiche entière peut leur sembler insurmontable, alors que les trois premières questions seraient tout à fait accessibles.

Au lieu de dire :

« Allez, termine toute ta fiche ! »

Essayez :

« On commence par les deux premières questions, puis on regarde la suite. »

Découper une tâche en étapes peut aider l’enfant à comprendre ce qu’il doit faire et à se lancer.

Ce principe est particulièrement utile lorsqu’il présente des difficultés d’attention, d’organisation ou d’apprentissage.

4. Lui laisser de petits choix

L’autonomie ne consiste pas uniquement à faire quelque chose tout seul. Elle implique aussi de pouvoir prendre certaines décisions.

Vous pouvez lui proposer de choisir l’ordre des devoirs, le matériel qu’il souhaite utiliser ou la première tâche à réaliser.

Par exemple :

« Tu préfères commencer par la lecture ou par les mots de vocabulaire ? »

L’enfant ne choisit pas nécessairement de supprimer les devoirs, mais il dispose d’une certaine marge de décision sur leur déroulement.

Cette manière de l’accompagner peut soutenir son sentiment d’autonomie.

5. Aider sans faire à sa place

C’est probablement l’un des équilibres les plus difficiles à trouver.

Quand un enfant bloque sur un exercice, la tentation est grande de lui donner directement la réponse.

Après tout, cela permettrait d’aller plus vite.

Mais une aide trop importante peut empêcher l’enfant d’apprendre à chercher, à vérifier et à résoudre progressivement les difficultés.

À l’inverse, le laisser complètement seul devant une tâche qu’il ne comprend pas risque de renforcer son découragement.

L’idée est donc de proposer juste assez d’aide pour qu’il puisse avancer.

Par exemple, vous pouvez lui demander :

« Qu’est-ce que tu dois faire en premier ? »

« Quelle partie de la consigne as-tu comprise ? »

« Est-ce qu’on peut regarder un exemple ensemble ? »

Puis, lorsque la tâche devient plus accessible, laissez-le poursuivre.

6. Tester le minuteur pour lui rendre son autonomie

Voici une stratégie qui peut être intéressante lorsque votre enfant est capable de réaliser ses devoirs, mais que le moment du travail se transforme systématiquement en négociation.

Et si vous arrêtiez, pour une fois, de lui courir après ?

Après avoir vérifié qu’il comprend ce qui est attendu, installez-le dans un endroit calme, sans télévision, tablette ou autres distractions.

Proposez-lui un temps de travail défini, par exemple 15 à 20 minutes avec un minuteur, à adapter à son âge et à ses capacités.

Expliquez simplement :

« Pendant ce temps, tu essaies d’avancer dans tes devoirs tout seul. Je vais faire autre chose. Si tu ne comprends pas une consigne ou que tu as besoin d’aide, tu peux venir me voir. »

Puis tenez-vous à cette organisation.

Allez préparer le repas, ranger quelque chose ou poursuivre une activité personnelle.

L’idée est d’arrêter de surveiller, relancer et encourager votre enfant toutes les deux minutes.

Vous restez disponible, mais vous lui laissez la responsabilité de commencer et d’avancer.

Pour certains enfants, ce changement est libérateur. Les devoirs cessent d’être une activité dirigée en permanence par le parent.

Il faut toutefois distinguer l’autonomie de l’isolement : un enfant jeune, très fatigable ou présentant des difficultés d’apprentissage peut avoir besoin de périodes plus courtes, de pauses ou d’un accompagnement plus important. Il n’est pas nécessaire de lui imposer 20 minutes assis sans bouger.

Et si les devoirs ne sont pas terminés ?

Lorsque cette stratégie est adaptée à l’enfant, vous pouvez convenir que le temps de travail a une fin et qu’il n’y aura pas deux heures de rappels supplémentaires.

Si le travail reste inachevé, l’enfant peut expliquer le lendemain à son enseignant ce qu’il a pu faire et ce qui l’a empêché de terminer.

Selon les règles de l’école, un petit message du parent peut aussi être utile pour préciser la situation.

L’objectif n’est pas de punir l’enfant ni de le laisser échouer volontairement, mais de lui permettre de retrouver progressivement la responsabilité de son travail et de comprendre que ses devoirs ne sont pas uniquement l’affaire de ses parents.

Cette approche est surtout adaptée lorsque la tâche est à sa portée. Si l’enfant n’arrive pas à travailler parce qu’il ne comprend pas, n’a pas acquis les compétences nécessaires ou présente un trouble des apprentissages, il a besoin d’aide et d’adaptations, pas de conséquences supplémentaires.

Parfois, diminuer brusquement la surveillance parentale, tout en maintenant une aide disponible, permet de sortir d’un fonctionnement devenu épuisant pour tout le monde.

7. Faire intervenir une autre personne lorsque c’est possible

Et si les devoirs se passaient mieux avec quelqu’un d’autre ?

Lorsque le face-à-face parent-enfant devient trop conflictuel, changer d’interlocuteur peut parfois suffire à apaiser la situation.

Un répétiteur, une voisine de confiance, un cousin plus âgé, un proche ou même un camarade de classe pour réviser ensemble : plusieurs possibilités existent.

Il ne s’agit pas forcément d’engager un professeur particulier chaque semaine.

Une séance de devoirs occasionnelle chez un membre de la famille, un moment de révision avec un ami ou un échange de services entre parents peut déjà permettre de changer la dynamique.

Certains enfants sont étonnamment coopératifs avec une autre personne, alors qu’ils passent une heure à négocier la même tâche avec leurs parents.

Cela peut sembler injuste, mais ce n’est pas nécessairement le signe que vous manquez d’autorité.

Votre enfant se sent souvent davantage libre d’exprimer ses émotions et de relâcher ses efforts avec vous. Cette sécurité affective est précieuse, même si elle peut compliquer les devoirs.

Confier ponctuellement ce moment à quelqu’un d’autre peut permettre de préserver la relation parent-enfant et d’offrir une nouvelle manière d’aborder le travail.

Bien sûr, la personne choisie doit être adaptée à l’âge de l’enfant, digne de confiance et capable de lui apporter une aide bienveillante.

8. Adapter la méthode de travail à la difficulté réelle

C’est probablement l’un des conseils les plus importants.

Tous les enfants n’ont pas les mêmes difficultés, et toutes les méthodes d’apprentissage ne répondent pas aux mêmes besoins.

Avant de multiplier les répétitions, il faut comprendre précisément ce qui bloque.

Prenons quelques exemples.

Votre enfant n’arrive pas à apprendre ses mots de vocabulaire

Lui faire recopier vingt fois le même mot n’est pas forcément utile s’il ne comprend pas ce qu’il signifie ou s’il n’a pas identifié ce qui est difficile dans son orthographe.

Selon l’objectif, vous pouvez essayer de lui faire utiliser le mot dans une phrase, de le relier à une image, de repérer ses particularités orthographiques ou de le retrouver de mémoire après un court délai.

Apprendre le sens d’un mot et apprendre à l’écrire correctement sont deux objectifs différents qui peuvent nécessiter des stratégies complémentaires.

Votre enfant doit apprendre une poésie par cœur

Lui faire réciter le même texte une cinquième fois ne sera pas nécessairement efficace s’il ne comprend pas ce qu’il raconte.

Commencez par expliquer les mots inconnus et le sens général du poème.

Vous pouvez ensuite :

  • dessiner les différentes parties de la poésie ;
  • inventer de petits gestes pour accompagner les vers ;
  • la jouer comme une pièce de théâtre ;
  • créer une histoire ou des images dans sa tête ;
  • apprendre quelques vers, puis essayer de les retrouver sans regarder.

L’objectif est de donner du sens au texte et de créer des indices pour aider à le retrouver en mémoire.

Votre enfant bloque en mathématiques

Avant de lui faire refaire dix exercices, essayez d’identifier la difficulté.

Est-ce qu’il ne comprend pas la consigne ? Est-ce qu’il ne maîtrise pas une notion de base ? Est-ce qu’il connaît la méthode, mais se trompe dans les calculs ?

Selon le problème, vous pouvez utiliser des jetons, des objets du quotidien, des dessins ou une droite numérique pour rendre les quantités et les opérations plus concrètes.

Répéter toujours le même type d’exercice sans avoir compris le principe risque de renforcer la frustration.

Notre conseil de logopédistes : cherchez d’abord ce qui est difficile, puis choisissez la stratégie correspondante. Il ne s’agit pas de découvrir une méthode d’apprentissage magique propre à chaque enfant, mais d’adapter l’activité à la compétence à travailler.

Si vous constatez que les mêmes difficultés persistent malgré des explications et des stratégies adaptées, il est important d’en discuter avec l’enseignant ou un professionnel concerné.

9. Fractionner les devoirs en plusieurs petits moments

Après une journée d’école, votre enfant a déjà passé plusieurs heures à écouter, réfléchir, apprendre et rester concentré.

Il a parfois tout simplement donné tout ce qu’il pouvait pour la journée.

On peut donc comprendre qu’il craque lorsqu’on lui demande encore de travailler à la maison, surtout si les devoirs s’accumulent ou demandent beaucoup d’efforts.

Plutôt que de vouloir absolument tout terminer en une seule fois, essayez, lorsque les échéances le permettent, de répartir les devoirs en plusieurs petits moments dans la semaine.

Le mercredi après-midi ou le week-end peuvent être de bonnes occasions de prendre un peu d’avance, à condition de préserver suffisamment de temps libre.

Par exemple, plutôt que de consacrer une heure entière le dimanche à apprendre une poésie et une liste de vocabulaire, vous pouvez prévoir :

  • Mercredi : découvrir la poésie et expliquer les mots difficiles.
  • Samedi : apprendre quelques vers et revoir une première partie du vocabulaire.
  • Dimanche : faire une courte révision et vérifier ce qui est retenu.

Cette organisation présente deux avantages : les séances sont moins longues et l’enfant retrouve plusieurs fois les mêmes informations, ce qui peut favoriser leur mémorisation.

Elle permet aussi d’éviter de concentrer tout le travail sur un moment où votre enfant est déjà épuisé.

L’objectif n’est pas d’occuper tous ses jours de congé avec des devoirs, mais de mieux répartir la charge de travail et de choisir des moments où il est plus disponible.

Et si un jour votre enfant est particulièrement fatigué, il est parfois préférable de reporter une révision, lorsque c’est possible, plutôt que d’insister pendant une heure pour un résultat peu satisfaisant.

Les erreurs à éviter lorsque son enfant refuse les devoirs

Transformer les devoirs en punition

Les devoirs sont déjà perçus comme une contrainte par certains enfants.

Les associer systématiquement à des sanctions supplémentaires risque de renforcer leur caractère négatif.

Un cadre ferme et prévisible peut être utile, mais il n’est pas nécessaire d’en faire une bataille quotidienne.

Comparer l’enfant à ses frères, sœurs ou camarades

« Ta sœur faisait déjà ses devoirs toute seule à ton âge. »

Même si la remarque vise à encourager, elle risque surtout d’accentuer le sentiment d’échec.

Les enfants n’avancent pas tous au même rythme, et leurs besoins d’accompagnement peuvent être différents.

Corriger chaque erreur immédiatement

Lorsque le parent interrompt constamment l’enfant, celui-ci peut devenir dépendant de sa validation.

Laissez-lui le temps de chercher, d’essayer et parfois de se tromper.

Une erreur fait aussi partie des informations utiles pour comprendre ce qu’il maîtrise et ce qu’il doit encore apprendre.

Faire les devoirs à sa place pour gagner du temps

C’est tentant, surtout lorsque la soirée s’éternise.

Mais terminer systématiquement les exercices à la place de l’enfant peut masquer ses difficultés et donner à l’enseignant une impression inexacte de son niveau d’autonomie.

Si votre enfant ne peut pas effectuer le travail malgré une aide raisonnable, mieux vaut le signaler plutôt que de produire un devoir entièrement corrigé par un adulte.

Quand parler des difficultés de devoirs à l’enseignant ?

Les devoirs sont censés prolonger ou consolider des apprentissages réalisés à l’école, selon les pratiques et les attentes de chaque établissement.

Si votre enfant a régulièrement besoin que vous lui réexpliquiez toute la leçon, il est utile d’en discuter avec son enseignant.

C’est également le cas lorsque les devoirs prennent un temps disproportionné, provoquent des crises fréquentes ou révèlent des difficultés importantes dans une matière.

Vous pouvez expliquer simplement :

« Nous avons remarqué que les devoirs de lecture demandent beaucoup d’aide et prennent environ 40 minutes. Il semble avoir du mal à déchiffrer les mots. Est-ce que vous observez aussi ces difficultés en classe ? »

L’enseignant pourra préciser les attentes, expliquer les objectifs du travail et envisager des ajustements lorsque cela est nécessaire.

L’objectif n’est pas de chercher un responsable, mais de mieux comprendre les besoins de l’enfant.

Quand consulter un professionnel ?

Un refus ponctuel des devoirs ne nécessite évidemment pas un bilan.

En revanche, lorsqu’il devient quotidien, très intense ou qu’il s’accompagne de difficultés importantes, il est pertinent de chercher à comprendre ce qui se passe.

Une consultation peut être indiquée si l’enfant présente des difficultés scolaires persistantes, un découragement marqué, une anxiété importante ou une souffrance qui dépasse le seul moment des devoirs.

Le professionnel à solliciter dépendra de la situation.

Le logopédiste ou l’orthophoniste

Une évaluation logopédique ou orthophonique peut être pertinente lorsque les devoirs révèlent notamment des difficultés de langage oral, de lecture, d’orthographe ou de compréhension des consignes.

Le professionnel peut évaluer les compétences concernées, identifier d’éventuelles fragilités et proposer un accompagnement adapté.

Le psychologue ou un autre professionnel de santé

Lorsque les devoirs sont associés à une forte anxiété, une dévalorisation persistante, des crises importantes ou des difficultés émotionnelles plus générales, un accompagnement psychologique peut être utile.

Le pédiatre ou le médecin traitant peut également orienter la famille vers les professionnels appropriés.

Dans tous les cas, un échange avec l’école constitue souvent un premier pas important.

Demander un avis ne signifie pas forcément qu’un trouble est présent. Cela permet surtout de comprendre les difficultés et d’éviter que les tensions s’installent durablement.

FAQ : les questions fréquentes des parents sur les devoirs

Mon enfant refuse de faire ses devoirs tous les soirs. Est-ce normal ?

Un manque d’envie occasionnel est fréquent. En revanche, un refus intense et quotidien mérite d’être compris. Fatigue, difficultés scolaires, anxiété ou conflits répétés peuvent contribuer à cette situation.

Faut-il obliger un enfant à terminer ses devoirs lorsqu’il pleure ?

Lorsque l’enfant est submergé par ses émotions, une pause peut être nécessaire. Si ces situations se répètent, il est important d’en parler à l’enseignant afin de comprendre pourquoi la tâche devient aussi difficile.

Dois-je rester à côté de mon enfant pendant les devoirs ?

Pas nécessairement pendant toute la durée. Selon son âge et ses besoins, vous pouvez l’aider à s’installer et à commencer, puis le laisser progressivement travailler seul, en restant disponible lorsqu’une aide est réellement nécessaire.

Un minuteur de 15 à 20 minutes peut-il aider ?

Oui, pour certains enfants capables de travailler de manière autonome, un temps défini peut aider à se lancer et à limiter les négociations. Il doit toutefois rester adapté à leur âge, à leur attention et à la quantité de travail demandée.

Le minuteur sert à organiser le travail, pas à imposer une immobilité stricte ou à sanctionner un enfant qui n’arrive pas à réaliser une tâche.

Que faire si les devoirs ne sont pas terminés ?

Si le temps de travail est devenu déraisonnable, il est préférable de signaler la situation à l’enseignant plutôt que de prolonger indéfiniment la soirée. Selon son âge, l’enfant peut également apprendre à expliquer ce qu’il a réussi à faire et ce qui lui a posé problème.

Comment motiver un enfant qui n’aime pas les devoirs ?

Commencez par vérifier que la tâche est comprise et accessible. Des objectifs courts, des possibilités de choix et des réussites concrètes peuvent aider à retrouver davantage d’engagement.

Est-ce une bonne idée de récompenser chaque devoir terminé ?

Une récompense occasionnelle n’est pas nécessairement problématique, mais elle ne résout pas la cause d’un refus persistant. Il est surtout important de construire une routine soutenable et d’aider l’enfant à développer son autonomie.

Mon enfant se concentre très bien sur ses jeux, mais jamais sur ses devoirs. Pourquoi ?

L’attention varie selon l’intérêt, la difficulté, la fatigue et le contexte. Une tâche scolaire difficile peut demander beaucoup plus d’efforts qu’une activité librement choisie. Cela ne suffit pas, à lui seul, à conclure à un trouble de l’attention.

À retenir : comment retrouver des devoirs plus sereins ?

Un enfant qui refuse ses devoirs ne manque pas forcément de volonté. Son comportement peut traduire de la fatigue, des difficultés d’apprentissage, un manque de confiance ou une routine devenue conflictuelle.

À la maison, quelques ajustements peuvent faire une différence : prévoir une transition après l’école, installer une routine claire, fractionner les tâches et accompagner progressivement l’autonomie.

Parfois, la meilleure chose à faire est aussi de prendre un peu de distance. Laisser l’enfant travailler sans intervention constante, demander ponctuellement l’aide d’une autre personne ou accepter que certaines difficultés soient discutées avec l’enseignant peut soulager toute la famille.

Pensez également à répartir les devoirs sur plusieurs petits moments lorsque c’est possible, plutôt que de tout concentrer après une journée d’école déjà bien remplie.

Et surtout, cherchez à comprendre précisément ce qui pose problème pour choisir la bonne stratégie. Répéter davantage n’est pas toujours synonyme de mieux apprendre.

L’objectif n’est pas d’obtenir des devoirs parfaits à tout prix, mais d’aider l’enfant à apprendre sans que ce moment abîme sa confiance ou la relation avec ses parents.


Un article rédigé par des logopédistes

Cet article a été rédigé par l’équipe de Méli-Mot, composée de logopédistes et orthophonistes diplômées. Nos conseils s’appuient sur notre expérience professionnelle et sur les connaissances scientifiques concernant les apprentissages et l’accompagnement des enfants.

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Sources et références

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