Sons complexes en lecture :
comment aider son enfant à les apprendre ?

« Mais tu le connaissais hier, ce son ! »

Si vous avez déjà prononcé cette phrase pendant les devoirs de lecture, rassurez-vous : vous êtes loin d’être les seuls parents dans cette situation.

Votre enfant sait lire certaines lettres, mais dès qu’il rencontre OU, ON, AN, IN, OI ou EAU, tout se complique. Il hésite, mélange les sons ou vous demande régulièrement : « C’est quoi déjà, celui-là ? » Parfois, il parvient même à lire un son correctement lorsqu’on le lui montre tout seul, mais ne le reconnaît plus au milieu d’un mot.

Alors, est-ce normal ? Faut-il lui faire répéter les sons tous les soirs ? Et surtout, comment l’aider à progresser sans transformer le moment de lecture en bataille ?

Chez Méli-Mot, nous sommes logopédistes et orthophonistes diplômées. Dans cet article, nous vous expliquons simplement pourquoi certains sons sont difficiles à lire et nous vous proposons des exercices et des petits jeux pour les travailler à la maison.

Pourquoi mon enfant a-t-il du mal à lire ON, OU, AN ou EAU ?

Quand votre enfant commence à lire, il découvre qu’à chaque lettre correspond généralement un son.

Par exemple, il apprend à reconnaître M, puis A, et à les assembler pour lire « ma ».

Mais rapidement, il découvre une petite particularité de la langue française : plusieurs lettres peuvent se mettre ensemble pour former un seul son.

C’est ce qu’on appelle souvent les « sons complexes ».

Prenons quelques exemples :

  • Dans « poule », les lettres O et U se lisent ensemble pour faire « ou ».
  • Dans « ballon », les lettres O et N se lisent ensemble pour faire « on ».
  • Dans « bateau », les trois lettres E, A et U se lisent ensemble pour faire le son « o ».

Pour un adulte qui lit depuis des années, cela paraît évident. Mais pour un enfant qui vient d’apprendre à reconnaître les lettres séparément, il faut maintenant comprendre que certaines lettres fonctionnent en équipe.

Et comme si cela ne suffisait pas, un même son peut aussi s’écrire de plusieurs façons ! C’est notamment le cas du son « o », que l’on retrouve dans « vélo », « jaune » et « bateau ».

Il est donc normal que certains enfants aient besoin de temps et de nombreuses répétitions pour retenir ces différentes écritures.

À retenir : un son et ses lettres, ce n’est pas la même chose !

Un son, c’est ce que l’on entend et prononce. Une graphie, c’est la manière de l’écrire.

Par exemple, dans « bateau », on entend le son « o », mais on voit les lettres EAU.

Votre enfant peut donc très bien savoir prononcer « o » sans encore reconnaître facilement EAU lorsqu’il lit. Ce sont deux compétences différentes.

Quels sont les principaux sons complexes à connaître ?

Voici quelques exemples que votre enfant rencontrera pendant son apprentissage de la lecture.

Lettres à reconnaîtreExemples de mots
OUpoule, roue, soupe
ON / OMballon, bonbon, ombre
AN / ENmaman, enfant, dent
IN / IM / AIN / EINlapin, timbre, pain, peinture
O / AU / EAUvélo, jaune, bateau
OIroi, poire, voiture
AI / EImaison, reine
EU / ŒUfeu, peur, cœur
GNmontagne, ligne

Certaines de ces écritures peuvent se prononcer différemment selon le mot ou l’accent régional. Par exemple, EU ne se prononce pas exactement de la même manière dans « feu » et « peur ».

Il ne s’agit donc pas d’un tableau à apprendre par cœur en une semaine ! L’objectif est simplement de vous montrer les principales combinaisons que votre enfant va progressivement découvrir.

À quel âge un enfant doit-il savoir lire les sons complexes ?

C’est une question que nous entendons souvent de la part des parents.

« Mon enfant a 7 ans et confond encore ON et AN. Est-ce normal ? »

Pour y répondre, il faut d’abord savoir depuis combien de temps l’enfant apprend à lire et quelles correspondances il a déjà étudiées.

L’apprentissage de la lecture commence généralement autour de 6 ans dans de nombreux pays francophones. Mais toutes les écoles n’enseignent pas les lettres et les sons dans le même ordre.

Voici quelques repères pour situer les apprentissages.

Âge approximatifClasses selon les paysCe que l’enfant apprend progressivement
5–6 ansGrande section en France, 2P en Suisse, maternelle au Québec et en BelgiqueJouer avec les sons à l’oral, reconnaître certaines lettres et découvrir comment fonctionne l’écriture. La lecture des sons complexes n’est généralement pas encore attendue.
6–7 ansCP en France, 3P en Suisse, 1re année primaire au Québec et en BelgiqueApprendre à assembler les lettres, lire des syllabes et des mots, découvrir les principales graphies complexes. Des hésitations sur des sons récemment enseignés sont fréquentes.
7–8 ansCE1 en France, 4P en Suisse, 2e année primaire au Québec et en BelgiqueConsolider les correspondances apprises, lire plus facilement les graphies courantes et commencer à reconnaître les mots avec davantage de rapidité.
8–9 ansCE2 en France, 5P en Suisse, 3e année primaire au Québec et en BelgiqueUtiliser plus automatiquement les correspondances fréquentes. Le déchiffrage devient normalement moins coûteux, ce qui laisse davantage d’attention pour comprendre les textes.

Ces repères décrivent une progression générale, pas des échéances identiques pour tous les enfants.

Un enfant de 6 ans qui hésite sur une graphie découverte la semaine précédente ne se trouve pas dans la même situation qu’un enfant de 9 ans qui peine encore à lire de nombreuses correspondances très fréquentes.

L’âge est donc un indicateur parmi d’autres. La quantité d’enseignement reçue, les progrès observés et les difficultés rencontrées au quotidien sont tout aussi importants.

Repère pour les parents : quand faut-il être attentif ?

Vers 6–7 ans : on observe surtout comment l’enfant apprend. A-t-il compris que certaines lettres se lisent ensemble ? Retient-il progressivement les correspondances qui lui sont enseignées ?

Vers 7–8 ans : on s’intéresse davantage à la consolidation. Les sons déjà travaillés deviennent-ils plus faciles à reconnaître dans les mots ?

Vers 8–9 ans : si de nombreuses correspondances fréquentes restent très difficiles malgré un enseignement et un accompagnement adaptés, il est important d’en rechercher la raison.

À tout âge : si les difficultés sont importantes, persistent, font souffrir l’enfant ou l’empêchent de progresser, il n’est pas nécessaire d’attendre l’âge indiqué dans un tableau pour demander conseil.

Ces repères ne remplacent pas une évaluation et ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à la présence ou à l’absence d’un trouble de la lecture.

Mon enfant connaissait le son hier, pourquoi l’a-t-il déjà oublié ?

C’est probablement l’une des situations les plus frustrantes pour les parents.

Vous avez travaillé le son OU pendant plusieurs minutes. Votre enfant a réussi à le lire cinq fois de suite. Vous êtes contents, il est content, tout semble acquis.

Et le lendemain, vous lui montrez OU… silence.

Cela ne signifie pas forcément qu’il n’a rien retenu ou qu’il ne fait pas d’efforts.

En réalité, il y a une différence importante entre connaître un son et le reconnaître automatiquement.

Au début, l’enfant doit réfléchir : « Ah oui, O et U ensemble, ça fait… ou ! »

Avec l’entraînement, il n’a progressivement plus besoin de réfléchir. Il voit les deux lettres et retrouve immédiatement le bon son.

C’est ce que les professionnels appellent l’automatisation. Ce mot signifie simplement qu’une compétence devient plus rapide et demande moins d’efforts.

C’est un peu comme apprendre à faire du vélo : au début, il faut penser à tout. Puis, avec la pratique, certains gestes deviennent naturels.

En lecture, c’est pareil. Votre enfant peut avoir compris une règle sans encore être capable de l’utiliser rapidement dans tous les mots.

Pourquoi réussit-il avec une carte, mais pas dans un mot ?

Imaginons que vous lui montriez simplement les lettres ON. Il trouve le bon son.

Vous lui présentez ensuite le mot « ballon », et il bloque.

Cette fois, il doit reconnaître plusieurs lettres, les assembler dans le bon ordre et retrouver la prononciation du mot entier.

Cela lui demande davantage de travail.

Pour l’aider, il ne suffit donc pas toujours de revoir le son tout seul. Il faut progressivement l’entraîner à le reconnaître dans des syllabes, puis dans des mots et enfin dans des phrases.

Une syllabe est simplement un petit morceau de mot que l’on peut prononcer d’un seul élan, comme « mou » dans « mou-ton ».

Comment aider mon enfant à retenir les sons complexes à la maison ?

Pas besoin de prévoir une longue séance ni de préparer quinze fiches d’exercices.

Pour commencer, je vous conseille de choisir un seul son que votre enfant connaît déjà un peu, mais qu’il confond ou oublie régulièrement.

Prenons l’exemple du son OU.

1. Revoir tranquillement le son

Montrez les lettres OU à votre enfant et demandez-lui s’il se souvient de leur prononciation.

S’il ne sait plus, donnez-lui simplement la réponse.

« Regarde, quand O et U sont ensemble, ils font généralement OU, comme dans poule. »

Inutile de lui demander de chercher pendant de longues minutes ou de lui rappeler qu’il connaissait pourtant la réponse la veille.

Vous pouvez aussi lui montrer le mot « poule » et entourer OU pour attirer son attention sur les deux lettres.

2. Lire quelques petits morceaux de mots

Une fois le son retrouvé, proposez quelques syllabes simples :

mou – sou – fou – lou – rou

Votre enfant doit essayer de lire chaque syllabe.

S’il hésite, vous pouvez pointer les deux lettres OU et lui rappeler qu’elles se lisent ensemble.

Au début, cinq petites syllabes suffisent largement.

3. Lire quelques vrais mots

Passez ensuite à des mots contenant le son travaillé :

poule – roue – soupe – moule

Choisissez des mots dont votre enfant connaît déjà la plupart des autres lettres et sons.

S’il ne sait pas encore lire certaines parties du mot, aidez-le. L’idée est de travailler OU, pas de lui demander de réussir plusieurs nouveaux apprentissages en même temps.

4. Terminer par une petite phrase

Lorsque les mots deviennent plus faciles, proposez une phrase courte :

« La poule roule. »

Vous pouvez demander à votre enfant de retrouver les deux OU dans la phrase, puis de la lire avec votre aide si nécessaire.

Et voilà ! Vous avez déjà travaillé le même son de plusieurs façons, sans avoir besoin d’y passer une demi-heure.

L’important est de recommencer régulièrement, avec de nouveaux exemples, plutôt que de vouloir tout réussir immédiatement.

5 petits jeux pour apprendre les sons complexes sans faire des fiches pendant des heures

Certains enfants aiment les exercices de lecture classiques. D’autres sont beaucoup plus motivés lorsqu’on leur présente la même activité sous forme de jeu.

Voici cinq idées très simples à tester à la maison.

Jeu 1 : le détective des sons

Pour les enfants qui connaissent un son, mais oublient de le repérer dans les mots.

Choisissez une combinaison de lettres, par exemple ON.

Écrivez ces mots sur une feuille :

bonbon – ballon – rond – savon

Dites à votre enfant qu’il est devenu détective et qu’il doit retrouver tous les ON cachés dans les mots.

Il peut les entourer, les colorier ou poser un petit jeton dessus.

Une fois les lettres repérées, invitez-le à lire les mots avec votre aide.

Vous pouvez ensuite refaire exactement le même jeu avec OU ou AN.

Ce que ce jeu entraîne : apprendre à reconnaître rapidement les lettres qui vont ensemble, même lorsqu’elles se trouvent au milieu d’autres lettres.

Jeu 2 : chacun sa maison !

Pour les enfants qui confondent OU et ON.

Dessinez deux maisons sur une feuille. Sur la première, écrivez OU. Sur la deuxième, ON.

Préparez ensuite six petits papiers avec ces mots :

poule – ballon – roue – bonbon – soupe – rond

Votre enfant doit placer chaque mot dans la bonne maison.

S’il réussit facilement, vous pouvez lui demander de lire les mots à voix haute.

S’il se trompe, reprenez les deux combinaisons et faites-lui observer la lettre qui change : dans OU, il y a un U ; dans ON, il y a un N.

Petite précaution : ce jeu fonctionne mieux lorsque votre enfant a déjà appris séparément les deux sons. S’il ne connaît encore ni OU ni ON, commencez par un seul.

Ce que ce jeu entraîne : faire attention aux différences entre des groupes de lettres qui se ressemblent.

Jeu 3 : le parcours des syllabes

Pour les enfants qui ont besoin de répéter plusieurs fois le même son.

Dessinez un parcours de six cases sur une feuille.

Dans chaque case, écrivez une syllabe :

mou → fou → lou → sou → rou → pou

Votre enfant doit aider un petit personnage à atteindre la dernière case.

Pour avancer, il lit la syllabe. S’il ne la reconnaît pas encore, vous l’aidez à la déchiffrer avant de continuer.

Vous pouvez ajouter un dé, un pion ou simplement dessiner un petit bonhomme.

Lorsque le parcours devient facile, changez les syllabes ou remplacez-en quelques-unes par des mots.

Ce que ce jeu entraîne : revoir plusieurs fois le même son jusqu’à ce qu’il soit reconnu plus facilement.

Jeu 4 : trois façons d’écrire le son O

Pour les enfants qui mélangent O, AU et EAU.

Écrivez ces trois mots :

vélo – jaune – bateau

Lisez-les ensemble, puis demandez à votre enfant d’écouter le son « o ».

Montrez-lui ensuite comment ce son s’écrit dans chaque mot :

Dans « vélo », on trouve O.

Dans « jaune », on trouve AU.

Dans « bateau », on trouve EAU.

Expliquez-lui qu’en français, on peut parfois entendre le même son, mais le voir écrit avec des lettres différentes.

Vous pouvez ensuite chercher d’autres exemples dans un livre.

Ne lui demandez pas encore de deviner comment écrire chaque mot sans modèle. Reconnaître un mot quand on le lit et savoir l’orthographier sont deux apprentissages différents.

Ce que ce jeu entraîne : comprendre que plusieurs écritures peuvent correspondre au même son.

Jeu 5 : la phrase rigolote

Pour les enfants qui savent lire le son tout seul, mais hésitent encore dans les phrases.

Choisissez un son déjà travaillé, par exemple OI.

Écrivez quelques mots :

roi – voit – poire

Faites-les lire avec votre enfant, puis proposez cette phrase :

« Le roi voit la poire. »

Demandez-lui de retrouver les groupes OI et essayez de lire la phrase ensemble.

Vous pouvez ensuite inventer une histoire drôle avec le roi et sa poire.

Le but est de montrer que les sons que l’on travaille servent à lire de véritables phrases et, petit à petit, des histoires.

Ce que ce jeu entraîne : retrouver un son au cours d’une lecture plus naturelle.

Quel jeu choisir selon la difficulté de votre enfant ?

Il oublie le son lorsqu’il le voit dans un mot : commencez par le détective des sons.

Il confond OU et ON : essayez le jeu des deux maisons, après avoir revu chaque son séparément.

Il reconnaît le son, mais reste très lent : proposez le parcours des syllabes.

Il mélange O, AU et EAU : choisissez le jeu des trois écritures.

Il réussit avec les mots isolés, mais bloque dans les phrases : utilisez la phrase rigolote.

Vous n’avez pas besoin de faire les cinq jeux. Le meilleur point de départ est celui qui correspond à ce que votre enfant trouve actuellement difficile.

Combien de minutes faut-il faire lire son enfant chaque jour ?

Il n’existe pas de durée parfaite pour tous les enfants.

Pour un petit entraînement à la maison, cinq à dix minutes peuvent déjà être suffisantes.

Vous pourriez par exemple revoir le son pendant une minute, lire quelques syllabes ou mots pendant trois minutes, puis terminer par un jeu.

Certains jours, votre enfant sera disponible et motivé. D’autres, après une journée d’école bien remplie, il n’aura plus beaucoup d’énergie.

Et ce n’est pas grave.

Si vous remarquez qu’il commence à s’agacer, à deviner toutes les réponses ou à se décourager, mieux vaut diminuer la difficulté ou arrêter.

Des petits entraînements réguliers et adaptés seront généralement plus faciles à maintenir qu’une longue séance vécue comme une corvée.

Notre conseil de logopédistes : une mini-séance plutôt qu’une longue bataille

Essayez cette routine de 5 minutes :

  • 1 minute pour retrouver le son travaillé.
  • 2 minutes pour lire quelques syllabes ou mots.
  • 2 minutes pour jouer.

Si votre enfant réussit facilement, vous pouvez augmenter légèrement la difficulté. S’il bloque, simplifiez l’exercice.

Il vaut mieux terminer avec le sentiment d’avoir réussi quelque chose qu’avec l’envie de ne plus jamais ouvrir un livre.

Mon enfant confond toujours ON, AN et IN : que faire ?

Ces sons peuvent être particulièrement difficiles pour certains enfants.

D’abord, plusieurs de leurs écritures se ressemblent. Ensuite, les sons entendus sont relativement proches.

Il est donc possible que votre enfant lise « on » à la place de « an », ou qu’il hésite longtemps avant de choisir.

Avant de multiplier les exercices, essayez de comprendre ce qui lui pose problème.

Il ne reconnaît pas encore chaque son séparément

Dans ce cas, revenez à un seul son.

Par exemple, travaillez ON avec quelques mots simples. Lorsqu’il est mieux reconnu, vous pourrez revoir AN séparément.

Ce n’est qu’ensuite que vous proposerez de les comparer.

Il reconnaît les sons tout seuls, mais les mélange lorsqu’ils sont ensemble

Vous pouvez alors utiliser le jeu des deux maisons ou présenter deux mots contenant des graphies différentes.

Aidez votre enfant à regarder les lettres attentivement plutôt que de répondre au hasard.

Commencez avec deux correspondances, puis ajoutez-en une troisième lorsque les premières deviennent plus faciles.

Il ne distingue pas bien les sons lorsqu’il les entend

C’est une autre situation.

Vous pouvez lui dire deux mots et lui demander s’ils contiennent le même son ou non.

Mais si votre enfant présente des difficultés importantes à différencier les sons à l’oral, ce n’est pas forcément un problème qui se résoudra avec davantage de fiches de lecture.

Un orthophoniste ou logopédiste pourra examiner plus précisément ce qui pose problème et proposer des exercices adaptés.

Comment rendre l’entraînement plus motivant avec FroutiSon ?

À force de répéter les mêmes syllabes et les mêmes mots, certains enfants finissent par se lasser.

Et c’est compréhensible ! Même si l’entraînement est utile, il n’est pas toujours facile de convaincre son enfant de refaire chaque jour des exercices de lecture après l’école.

C’est pour rendre ces répétitions plus ludiques que nous avons créé FroutiSon, un jeu de lecture en ligne développé par des logopédistes et orthophonistes.

Le jeu permet aux enfants de s’entraîner à reconnaître différentes écritures des sons, comme OU, ON, AN, IN, OI, AU, EAU et bien d’autres.

L’enfant progresse à travers plusieurs niveaux et réalise des activités de lecture dans un environnement de jeu, plutôt que sur une succession de fiches classiques.

FroutiSon s’adresse principalement aux enfants d’environ 6 à 10 ans, selon leur niveau de lecture. Il peut être utilisé avec les parents à la maison ou en complément d’un accompagnement professionnel, lorsque cela correspond aux besoins de l’enfant.

Une démonstration gratuite permet de découvrir le jeu avant de choisir la version complète payante.

Découvrir FroutiSon et essayer gratuitement le jeu

FroutiSon jeu de lecture de sons complexes

Les erreurs à éviter quand votre enfant apprend les sons complexes

« Mais tu le savais hier ! »

Même si cette phrase nous échappe parfois, elle risque surtout de mettre l’enfant sous pression.

Essayez plutôt : « Oui, celui-là est encore difficile. Regarde, on va le retrouver ensemble. »

Un son oublié n’est pas forcément un son qui n’a jamais été appris. Il a peut-être simplement besoin d’être revu.

Lui demander de lire plus vite

Si votre enfant hésite, ce n’est pas toujours parce qu’il ne fait pas assez d’efforts.

Accélérer la lecture avant que les sons soient bien maîtrisés peut l’amener à deviner les mots plutôt qu’à les lire.

Commencez par chercher une lecture correcte. La vitesse viendra progressivement avec l’entraînement.

Vouloir travailler tous les sons en même temps

Si votre enfant confond OU, ON, AN et IN, il peut être tentant de lui faire revoir toute la liste chaque soir.

Mais cela risque de mélanger encore davantage les correspondances.

Choisissez plutôt un objectif précis, entraînez-le quelques jours et vérifiez s’il devient plus facile avant de passer à autre chose.

Corriger chaque mot jusqu’à obtenir une lecture parfaite

Bien sûr, il est important de ne pas laisser l’enfant mémoriser des correspondances incorrectes.

Mais il n’est pas nécessaire de lui faire recommencer dix fois le même mot lorsqu’il n’y arrive pas.

Montrez-lui comment le lire, aidez-le à réessayer et revenez éventuellement à une syllabe plus simple.

Le but est qu’il apprenne, pas qu’il termine la séance épuisé.

À partir de quand faut-il s’inquiéter si mon enfant ne retient pas les sons ?

Les sons complexes demandent du temps, et tous les enfants ne les apprennent pas au même rythme.

Un enfant qui vient de découvrir ON ou EAU et qui hésite encore n’a pas forcément de difficulté particulière.

En revanche, il peut être utile de demander conseil si votre enfant oublie de nombreux sons déjà travaillés depuis longtemps, lit très lentement malgré un entraînement adapté, fait beaucoup de confusions ou commence à éviter systématiquement les activités de lecture.

Soyez également attentifs à son ressenti. Un enfant qui pleure régulièrement devant ses devoirs ou qui affirme « je suis nul en lecture » a besoin d’être soutenu, quelle que soit l’origine de ses difficultés.

Un orthophoniste, logopédiste ou logopède — le nom varie selon les pays francophones — pourra examiner les compétences de lecture de votre enfant et déterminer s’il a simplement besoin de davantage de pratique ou si un accompagnement spécifique serait utile.

Avoir du mal à lire les sons complexes ne signifie pas automatiquement qu’un enfant est dyslexique. Seule une évaluation adaptée permet de mieux comprendre ses difficultés.

FAQ : les questions que les parents se posent sur les sons complexes

Mon enfant a 6 ans et confond encore les sons complexes. Est-ce normal ?

Oui, cela peut être tout à fait normal au début de l’apprentissage de la lecture. L’important est de tenir compte des sons qui ont déjà été enseignés et de vérifier que l’enfant progresse. Si les difficultés sont importantes, nombreuses ou persistent malgré un accompagnement adapté, un avis professionnel peut être utile.

Faut-il lui faire apprendre tous les sons complexes par cœur ?

Non. Il est préférable d’apprendre progressivement les correspondances entre les lettres et les sons, puis de les utiliser dans des syllabes, des mots et des phrases. Les répétitions sont importantes, mais elles doivent aider l’enfant à lire et pas uniquement à réciter une liste.

Pourquoi mon enfant lit-il « on » à la place de « ou » ?

Il peut confondre les lettres qui composent ces deux écritures ou ne pas encore retrouver assez rapidement leur prononciation. Vérifiez d’abord qu’il reconnaît OU et ON séparément, puis proposez quelques exercices pour les différencier.

Mon enfant connaît toutes les lettres, mais n’arrive pas à lire les mots. Pourquoi ?

Connaître les lettres est une première étape, mais il faut également apprendre à les assembler pour lire. Cette capacité demande un apprentissage particulier. Si votre enfant n’arrive pas à passer des sons isolés aux syllabes et aux mots, il peut être utile de chercher à comprendre précisément où il bloque.

Peut-on travailler les sons complexes avec un jeu plutôt qu’avec des fiches ?

Oui ! Rechercher une combinaison de lettres dans un livre, trier des mots, inventer un petit parcours ou lire des phrases amusantes sont autant de façons de s’entraîner. Un jeu numérique comme FroutiSon peut également permettre de varier les activités.

Combien de fois faut-il répéter un son pour que l’enfant le retienne ?

Il n’existe pas de nombre magique de répétitions. Certains enfants retiennent rapidement une nouvelle correspondance, tandis que d’autres ont besoin de la revoir souvent. Mieux vaut varier les exemples, répartir les entraînements dans le temps et vérifier que l’enfant reconnaît le son dans de nouveaux mots.

Les exercices à la maison peuvent-ils remplacer des séances d’orthophonie ?

Non, lorsque des séances sont nécessaires. Les petits jeux à la maison peuvent compléter les apprentissages scolaires ou un accompagnement professionnel, mais ils ne remplacent pas une évaluation ou une rééducation adaptée en cas de difficultés persistantes.

Un article rédigé par des logopédistes diplômées

Cet article a été rédigé par l’équipe de Méli-Mot, composée de logopédistes et orthophonistes diplômées. Nos conseils s’appuient sur notre expérience clinique et les connaissances scientifiques concernant l’apprentissage de la lecture.

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Sources et références

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